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L’arrivée d’un vaccin ne permettra pas un retour immédiat à la vie normale

par Grailing Anthonisen - 23 octobre 2020   467 vues   7 min
L’arrivée d’un vaccin ne permettra pas un retour immédiat à la vie normale

Propos vérifié

Un vaccin contre la COVID-19 ne permettra pas de revenir à une vie normale d'ici le printemps 2021

Verdict

Exact (soutenu par des preuves et des faits; marge d’erreur acceptable)

En octobre 2020, BBC News a publié un article sur un rapport de la Royal Society qui avançait qu’il fallait se montrer "réaliste" quant à la capacité d'un vaccin de mettre fin à la pandémie de COVID-19. L'article affirme que le développement d'un vaccin ne ramènera pas automatiquement la vie à la normale, telle qu’elle l’était avant la pandémie. Notre verdict est que cette affirmation est exacte.

Notre verdict s’appuie sur le fait qu'un vaccin n'a pas encore été mis sur le marché, de sorte que l'on ne sait toujours pas quelle sera son efficacité, combien de temps durera l'immunité conférée par le vaccin et à quelle vitesse le vaccin sera distribué. Si beaucoup espèrent un vaccin dès la fin 2020 ou début 2021, il existe de nombreux autres facteurs, tels que la production et la distribution, qui retarderont tout retour à la normale. C'est pour cette raison et parce qu'il faut du temps pour augmenter la production au niveau national et international, pour fixer des priorités et la disponibilité du vaccin, que nous sommes arrivés à notre verdict. Nous sommes mal à l'aise avec le terme "normal", car de nombreux aspects de la vie d'avant la pandémie auront changés, comme le nombre de personnes qui télétravaillent, par exemple. En outre, bien que la pandémie COVID-19 se terminera et que le monde trouvera un moyen de gérer efficacement la maladie, d'autres maladies pourraient provoquer de nouvelles pandémies, perturbant une fois de plus cette toute "nouvelle normalité".

Quand un vaccin efficace pourrait-il être prêt ?

Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), 169 vaccins potentiels sont en cours de développement en date d’octobre 2020. Toutefois, on ne sait pas exactement quand l’un d’entre eux sera considéré comme sécuritaire pour diffusion à grande échelle. À ce jour, seuls 26 d'entre eux sont en phase d'essai humains. Comme Faits COVID-19 l'a déjà fait remarquer, il arrive aussi que des essais soient suspendus de manière inattendue en raison de situations indépendantes de la volonté des chercheurs. L'American Council on Science and Health a d’ailleurs expliqué que la probabilité globale de succès de tous les médicaments et vaccins est de 13,8% , un pourcentage qui varie en fonction du domaine thérapeutique. Bref, bien qu'il existe de nombreux candidats, on ne sait pas encore quand ni quel vaccin sera officiellement prêt à être produit en masse. Cette incertitude amène d'autres questions quant aux doses et à l'efficacité d’un vaccin.

Savons-nous quelle serait l'efficacité du vaccin ou le nombre de doses requises?

Comme il n'existe pas encore de vaccin approuvé pour utilisation auprès du grand public, on ne sait encore rien de son efficacité ou du nombre de doses qui seront nécessaires. Le profil de l'OMS pour ce qui est des normes de vaccination minimales acceptables pour une protection à long terme contre la COVID-19, privilégie une efficacité minimale de 50 %, avec une préférence pour une efficacité de 70 % ou plus. De même, aux États-Unis, la Food and Drug Administration a indiqué qu’elle n'approuverait que les vaccins ayant une efficacité de 50 % ou plus. Un vaccin efficace à 50 % signifie que pour 100 personnes exposées au virus, 50 ne tomberont pas malades, seront malades moins longtemps ou auront des symptômes moins graves.

Selon les Centers for Disease Control and Prevention des États-Unis, l'efficacité d'un vaccin se mesure à deux niveaux, soit dans des conditions idéales, comme dans un essai clinique, et dans des conditions "typiques", comme dans la vie quotidienne. Selon l'OMS, les facteurs qui peuvent affecter l'efficacité d'un vaccin incluent l'âge et la présence d'autres conditions ou maladies chroniques ou préexistantes. Cela signifie que si un vaccin est le seul moyen utilisé pour prévenir la propagation de la COVID-19, il protégerait au moins 50 % des personnes.

"Tout cela ne signifie pas qu'un vaccin moins efficace ne serait pas utile", a écrit le Dr Bruce Y. Lee, auteur de l'étude et professeur à la City University of New York Graduate School of Public Health and Health Policy, pour The Conversation en juillet. Cela signifierait que la distanciation physique et le port du masque devraient probablement continuer jusqu'à ce que la pandémie arrive à son terme ou jusqu’à l’arrivée d’une vaccin "suffisamment efficace".

Y a-t-il d'autres facteurs à prendre en compte mis à part l’efficacité d’un vaccin?

Lorsqu'un vaccin passe avec succès toutes les phases d'un essai clinique et s'avère suffisamment efficace, plusieurs aspects logistiques sont à prendre en compte, comme sa production, sa portée et sa distribution. Bien qu'il existe des cas de sociétés qui produisent des vaccins avant leur approbation officielle, il faut encore du temps, s’il est approuvé, pour en augmenter la production et répondre à une forte demande. Un article paru dans le Journal of Infection a estimé que l'immunité de groupe se situerait à 70 %. À l'échelle internationale, selon Lee, publié dans The Conversation, ce pourcentage représenterait 5,25 milliards de personnes et ce, uniquement dans le cas où le vaccin ne nécessiterait qu’une dose plutôt que plusieurs. En terme de production de vaccins, il s'agit là d'un problème d'une ampleur sans précédent qui ne sera pas réglé dès qu'un vaccin sera mis sur le marché.

Selon les National Academies of Sciences, Engineering and Medicine, indépendamment de la demande internationale, toute offre initiale du vaccin sera limitée à certains groupes jugés prioritaires. Dans son cadre, l'OMS précise que cela inclurait les travailleurs de première ligne dans les établissements de santé et de soins sociaux, les personnes de plus de 65 ans et les personnes de moins de 65 ans qui présentent des conditions sous-jacentes qui les exposent à un risque de décès plus élevé. Ce rapport a été publié dans le cadre de COVAX, une initiative qui vise à créer un accès juste et équitable aux vaccins pour tous les pays et à éviter ce que l'on appelle le "nationalisme vaccinal", c’est-à-dire la concurrence entre différents pays pour un approvisionnement en vaccins destiné à leur propre population, ce qui pourrait créer une pénurie pour d’autres pays et d’autres populations. Selon l'OMS, dans le cadre de COVAX, chacun des 172 pays adhérents, parmi lesquels l'Australie et le Canada, aurait un accès égal aux vaccins, indépendamment de leur capacité à payer.

Même les États-Unis, qui n'ont pas adhéré à COVAX, ont un projet de de priorisation en cinq phases proposé par les National Academies of Sciences, Engineering and Medicine pour allouer équitablement le vaccin contre le coronavirus aux résidents américains. La première phase couvrirait les travailleurs de la santé et les premiers intervenants, tandis que la seconde couvrirait les personnes atteintes de maladies sous-jacentes qui les exposent à un risque élevé de décès et les personnes âgées dans les zones à forte densité de population.

Qu’est-ce que tout cela signifie à long terme ?

L'affirmation selon laquelle un vaccin ne permettra pas un retour immédiat à la vie normale et qu'il continuera à y avoir des difficultés est exacte car il n'existe pas encore de vaccin viable et on ne sait pas quelle sera l'efficacité de ce vaccin lorsqu'il sera mis au point. Les défis liés à la production, à la portée et à la distribution du vaccin signifieront que la production sera limitée et qu'il faudra déterminer qui vacciner en premier. C'est pourquoi nous ne pourrons pas compter exclusivement sur un vaccin pour contenir ou éradiquer la COVID-19 et mettre fin à la pandémie. Les tests, la recherche des contacts, la distanciation physique et les masques continueront à jouer un rôle important même si un vaccin est mis en circulation. Un vaccin serait un élément clé, mais un parmi tant d'autres. De plus, le terme "normal" n'est pas clairement défini et toute normalité sera certainement différente de ce qu’elle était avant le début de la pandémie de COVID-19.

Notre objectif est de vous fournir des faits vérifiés aussi exacts et à jour possible. Si vous pensez que nous avons fait une erreur ou que nous avons omis des renseignements importants, veuillez nous contacter.

The Royal Society

https://rs-delve.github.io/reports/2020/10/01/covid19-vaccination-report.html

The American Council on Science and Health

https://www.acsh.org/news/2020/06/11/clinical-trial-success-rates-phase-and-therapeutic-area-14845

The Conversation

https://theconversation.com/approval-of-a-coronavirus-vaccine-would-be-just-the-beginning-huge-production-challenges-could-cause-long-delays-144179

https://theconversation.com/how-effective-does-a-covid-19-coronavirus-vaccine-need-to-be-to-stop-the-pandemic-a-new-study-has-answers-142468

COVAX Facility

https://www.gavi.org/vaccineswork/covax-explained

Journal of Infection

https://www.journalofinfection.com/article/S0163-4453(20)30154-7/fulltext

The National Academies of Sciences, Engineering, and Medicine

https://www.nationalacademies.org/our-work/a-framework-for-equitable-allocation-of-vaccine-for-the-novel-coronavirus#sectionWebFriendly

https://www.nap.edu/catalog/25917/framework-for-equitable-allocation-of-covid-19-vaccine#resources

The US Centers for Disease Control and Prevention

https://www.cdc.gov/csels/dsepd/ss1978/lesson3/section6.html

The US Food and Drug Administration

https://www.fda.gov/news-events/press-announcements/coronavirus-covid-19-update-fda-takes-action-help-facilitate-timely-development-safe-effective-covid

L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS)

https://www.who.int/fr/emergencies/diseases/novel-coronavirus-2019/covid-19-vaccines

https://www.who.int/influenza_vaccines_plan/resources/Session4_VEfficacy_VEffectiveness.PDF

https://www.who.int/publications/m/item/who-target-product-profiles-for-covid-19-vaccines

https://www.who.int/initiatives/act-accelerator

https://www.who.int/fr/news/item/24-08-2020-172-countries-and-multiple-candidate-vaccines-engaged-in-covid-19-vaccine-global-access-facility

  Propos vérifié

BBC News

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Un vaccin contre la COVID-19 ne permettra pas de revenir à une vie normale d'ici le printemps 2021

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Exact (soutenu par des preuves et des faits; marge d’erreur acceptable)

 23 octobre 2020


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