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Un an après, connaît-on réellement l’origine de la COVID-19 ?

par Cédric Ayisa - 04 décembre 2020   981 vues   5 min
Un an après, connaît-on réellement l’origine de la COVID-19 ?

Propos vérifié

L’origine du coronavirus est un mystère et les experts cherchent encore des réponses

Verdict

Exact (soutenu par des preuves et des faits; marge d’erreur acceptable)

Le 25 novembre 2020, le média canadien Global News a publié un article dans lequel on avance que l'origine du coronavirus est un mystère et que les chercheurs tentent toujours de trouver une réponse. Ces propos sont exacts.

Pendant que le nombre de cas et de décès ne cessent d'augmenter dans certains pays ou certaines régions du monde et que les chercheurs et les nations poursuivent la course pour trouver des vaccins contre le SRAS-CoV-2, on ignore encore les origines mêmes du virus. Ici, le mot « origine » ne désigne pas là où le virus a été identifié pour la première fois, mais plutôt sa provenance, c'est-à-dire d'où il vient. Dans le cas de la COVID-19, une grande partie des premiers cas avaient un lien direct avec un marché de fruits de mer , dans la ville chinoise de Wuhan, où étaient vendus des fruits de mer, des espèces animales sauvages et d'élevage.

Beaucoup des premiers patients étaient soit des propriétaires d'étalages, des employés du marché, ou des visiteurs réguliers de ce marché. Les échantillons environnementaux prélevés sur ce site en décembre 2019 se sont révélés positifs pour le SRAS-CoV-2. Toutefois, en l'absence de données épidémiologiques analytiques chez les personnes du marché, sans cartographie détaillée des facteurs d'exposition sur le marché au cours de cette période, du type de produits et d'animaux vendus, de la proportion d'animaux, de produits disponibles pour les tests, ainsi que d'autres facteurs de risque potentiels comme les déplacements, la profession, l'interprétation des résultats des prélèvements en laboratoire reste difficile. Il devient donc difficile de déterminer le rôle réel du marché de Huanan dans la propagation du virus.

Au départ...

Les premières analyses suggéraient que le virus avait une origine animale naturelle et n'avait pas été manipulé ou créé dans un laboratoire. Les caractéristiques génomiques du SRAS CoV-2 ont permis aux chercheurs de conclure que le SRAS CoV-2 n'est pas une construction de laboratoire. S'il s'agissait d'un virus fabriqué, sa séquence génomique montrerait un mélange d'éléments connus, ce qui n'était pas le cas.

Les experts ont suggéré que le SRAS-CoV-2 pourrait provenir des chauves-souris, un réservoir majeur et connu pour les coronavirus. Cependant, selon leurs explications, les contacts entre les humains et les chauves-souris étant relativement rares, il était plus probable que la transmission du virus à l'homme se soit faite par l'intermédiaire d'une autre espèce animale, plus susceptible d'être manipulée par l'homme. Cet hôte animal intermédiaire ou source zoonotique pourrait être un animal domestique, un animal sauvage ou un animal sauvage domestiqué, qu’il reste encore à identifier.

Que sait-on aujourd’hui de l’origine de la COVID-19 ?

Comme l'explique l'OMS, au cours des dernières décennies, on a constaté que certaines des maladies humaines les plus courantes et les plus mortelles sont causées par des bactéries ou des virus d'origine animale. L'Organisation estime que 70 % des agents pathogènes émergents et ré-émergents proviennent d’animaux. De plus, tenter de comprendre l'apparition d'un nouveau virus chez les humains est une tâche complexe et la COVID-19 en est un autre exemple.

Pour identifier des espèces animales comme hôtes intermédiaires potentiels, les experts ont effectué ou effectuent des tests sur des animaux ayant des récepteurs (des protéines) ACE2, qui constituent les principaux points d'entrée du SRAS-CoV-2 chez l'humain. Sur plus de 500 espèces animales identifiées, les chats, les furets, les hamsters et les visons ont montré plus de sensibilité à l'infection. Ces résultats ont démontré que des espèces animales souvent en contact avec des humains peuvent servir d'hôte intermédiaire dans la transmission de la maladie aux humains. Un des exemples à mentionner ici est celui des visons au Danemark, dans lesquels les chercheurs ont trouvé une version mutante du SARS-CoV-2. Ce qui a d'ailleurs conduit non seulement au confinement du nord du pays pendant plusieurs semaines, mais aussi à l'abattage de millions de visons.

En somme, toujours selon l’OMS: “Dans l'ensemble, on sait actuellement très peu de choses sur la façon dont le virus a commencé à circuler à Wuhan, où et quand. Les études préliminaires n'ont pas montré de pistes crédibles permettant de restreindre le domaine de recherche, et les études se concentreront donc sur l'élaboration de plans d'étude complets pour aider à générer des hypothèses sur la façon dont l'épidémie a pu commencer à Wuhan”. Nous pouvons donc dire que les propos du journal Global News sont exacts : l'origine du SRAS-CoV-2 demeure pour le moment un mystère.

Que fait l’OMS ?

Déjà en février, l'OMS avait organisé une réunion internationale d'experts pour mettre en place des initiatives de recherche, y compris l'origine de la COVID-19 (OMS, 2020a). De plus, l'OMS, l'Organisation mondiale de la santé animale (OIE), l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) ont convenu, lors de la 73e Assemblée mondiale de la santé, de renforcer leurs efforts pour retracer l'origine animale du virus, sa voie de transmission à l'homme et le rôle éventuel de l'hôte intermédiaire (qu'on ne connaît toujours pas).

Sur la base des recommandations de la 73e Assemblée mondiale de la santé, l'OMS, en collaboration avec le gouvernement chinois, met en place une équipe multidisciplinaire internationale chargée de concevoir, de soutenir et de mener une série d'études qui contribueront au travail de recherche sur l'origine du virus.

"Nous voulons connaître l’origine et nous ferons tout pour la connaître" a expliqué le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, lors d'une conférence (à partir de 13min25) le 30 novembre 2020.

L’importance de connaître l’origine du virus

Selon l'OMS, "Comprendre comment une épidémie a commencé est essentiel pour prévenir d’autres introductions de virus dans la population humaine".

Les résultats sur l'origine du virus permettront également de comprendre la dynamique du début de l'épidémie, ce qui pourra servir à améliorer la réponse des autorités sanitaires. La compréhension de l'origine du virus pourra aussi contribuer à la mise au point de thérapies et de vaccins. Enfin, d’un point de vue social, connaître l’origine du virus pourra aider à contrer la désinformation et les discours haineux en ligne qui se traduisent souvent, hors-ligne, par des attaques verbales et physiques contre des groupes en situation minoritaire.

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